Souffle créatif

Un jour, un tissage naît.

Celui‑ci, pourtant, n’est pas venu d’un seul élan. Il m’a fallu trois souffles créatifs pour qu’il accepte enfin de se laisser apprivoiser. Au début, il résistait. Sous mes doigts, les fils s’entêtaient, se mêlaient autrement que je ne l’avais imaginé. Alors je défaisais, patiemment, puis je recommençais, comme on reprend une conversation interrompue trop tôt.

À chaque tentative, il changeait un peu, révélait une nuance nouvelle, une tension différente. Je l’observais, j’écoutais ce qu’il avait à dire, et je me laissais guider. Jusqu’au moment où, presque imperceptiblement, il s’est mis à respirer au même rythme que moi.

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